Le problème ? Le plein temps
Ce n’est pas le temps partiel qui menace notre prospérité, mais une politique du travail familial qui délaisse les mères et débouche directement sur une crise du travail de care.
Ce point fort est complété en permanence
Le travail à temps partiel occupe une place toujours plus importante dans le monde du travail moderne. En Suisse notamment, de nombreuses personnes décident de réduire leur taux d’occupation afin de mieux concilier leur activité professionnelle avec leur vie familiale, leur formation continue ou leurs intérêts personnels. Cette forme de travail n’a toutefois pas que des avantages, mais soulève également des questions concernant la couverture sociale : quel est l’impact du travail à temps partiel sur la prévoyance vieillesse ? Comment les personnes travaillant à temps partiel sont-elles assurées dans les situations de maladie, d’accident, de chômage ou de maternité ? Et quelles sont les conséquences financières du travail à temps partiel pour les assurances ? Le présent dossier thématique répond à ces questions.
Ce n’est pas le temps partiel qui menace notre prospérité, mais une politique du travail familial qui délaisse les mères et débouche directement sur une crise du travail de care.
Les Suisses aiment le travail à temps partiel – il faut l’accepter. D’autant plus que les impôts et les cotisations sociales rendent parfois un taux d’occupation plus élevé peu intéressant sur le plan financier.
Les mères perçoivent des salaires nettement inférieurs à ceux des pères. Souvent évoqué, l’écart salarial entre les femmes et les hommes n’explique cependant qu’une partie de ce phénomène. Une nouvelle analyse du KOF montre qu’il existe d’autres facteurs déterminants, notamment l’activité professionnelle et le taux d’occupation des mères.
Les personnes qui travaillent à temps partiel ne doivent pas être moins bien assurées dans la prévoyance professionnelle. Grâce à un plan de prévoyance facultatif proposé par la Fondation institution supplétive LPP, les employeurs peuvent assurer l’intégralité du salaire de leurs employés, sans déduction de coordination, dès un salaire annuel de 2500 francs.
Le travail à temps partiel reste marqué par des inégalités de genre et concerne surtout les mères. Il répond à la fois à des contraintes structurelles et à des stéréotypes ancrés dans les mentalités, explique Stéphanie Lachat, co-directrice du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG).
Quelles sont les répercussions de l’engouement pour le travail à temps partiel sur les finances de l’AVS ? L’analyse des statistiques récentes montre que les effets positifs d’une plus grande participation des femmes compensent largement ses effets négatifs.
En Suisse, des milliers de personnes travaillent à temps partiel contre leur gré – souvent parce qu’un taux d’occupation plus élevé leur est refusé. Pour les personnes concernées, cette situation entraîne non seulement une précarité financière, mais aussi un stress psychologique croissant.
En Suisse, la naissance du premier enfant entraîne une baisse à long terme du revenu professionnel des mères. Les nouveaux calculs de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) montrent que cette baisse de revenu se reflète également dans les allocations pour perte de gain versées aux mères de plusieurs enfants.
Travailler à temps partiel influence le montant des prestations de la plupart des assurances sociales. Les rentes de la prévoyance professionnelle sont particulièrement concernées, un faible taux d’occupation étant synonyme de rentes réduites, voire inexistantes.
Les décisions de vie et les modèles d’activité professionnelle ont un impact sur le revenu et la prévoyance. L’outil numérique « Cash or Crash » de l’association de femmes alliance F permet de calculer leurs conséquences financières pour chaque cas.
L’augmentation du travail à temps partiel pose de nouveaux défis pour la prévoyance professionnelle. Les modèles surobligatoires, notamment ceux qui appliquent une déduction de coordination basée sur le taux d’occupation, jouent donc un rôle important.
Une offre solide en matière d’accueil extrafamilial et le travail à temps partiel facilitent la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Or, travailler à un faible taux d’occupation peut compromettre la protection sociale et la carrière professionnelle.
Près de 40 % des personnes actives occupées en Suisse travaillent à temps partiel. Les différences en fonction de l’âge, du sexe et de la profession sont toutefois considérables.
Souvent, les personnes qui travaillent pour le compte de plusieurs employeurs et les personnes à temps partiel ne sont pas assurées dans la prévoyance professionnelle obligatoire, car leur revenu n’atteint pas le seuil d’entrée dans le 2e pilier. Abaisser ce seuil, diminuer la déduction de coordination et supprimer la distinction entre revenu principal et revenu accessoire permettrait d’améliorer leur situation.