En un coup d’œil
- L’assurance-invalidité (AI) en soi et les contacts directs avec les offices AI sont perçus positivement, comme le montre une enquête réalisée par l’entreprise suisse d’études sociales et de marché Demoscope auprès de plus de 2000 employeurs.
- Les tâches, les prestations et les instruments de l’AI restent toutefois relativement méconnus.
- Une nette majorité des entreprises sondées considèrent qu’il est de leur responsabilité de participer au maintien en emploi, mais dans le même temps, la réadaptation est souvent perçue comme un risque.
Les entreprises en Suisse ont une image positive de l’assurance-invalidité (AI). C’est ce que montre une enquête réalisée auprès de plus de 2000 employeurs par l’entreprise suisse d’études sociales et de marché Demoscope, sur mandat de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) (Buess et Sidler 2026). Au total, ce sont 2010 employeurs qui ont participé à l’enquête en ligne menée en 2025, soit un taux de réponse de 39 %.
Les résultats sont représentatifs des différentes tailles d’entreprises, branches et régions de Suisse. Demoscope a déjà mené des enquêtes auprès des employeurs sur le même thème en 2012, 2014 et 2021.
Comme lors des enquêtes précédentes, il ressort de la présente enquête que l’AI est perçue de manière positive, comme « un partenaire / un soutien » ou comme « un interlocuteur compétent pour les questions concernant les collaborateurs atteints dans leur santé » (voir graphique 1). En revanche, les qualificatifs à connotation négative tels que « institution compliquée » ou « institution mal connue / inconnue » sont nettement moins souvent cités.
Mais l’enquête montre également que, de façon générale, depuis 2014, les employeurs semblent moins bien connaître les prestations et le mandat de l’AI : selon l’enquête de 2025, seuls 36 % des employeurs interrogés se sentent « bien ou plutôt bien informés » sur l’AI.
Les instruments de l’AI les mieux connus sont les possibilités de prise de contact non-bureaucratique avec l’AI, la communication en vue d’une détection précoce ainsi que le soutien pour le maintien en emploi : 38 à 43 % des employeurs interrogés les connaissent. À l’inverse, la mesure la moins connue est le placement de personnel, citée par seulement 14 % des sondés.
Le faible niveau de connaissances est également dû au fait qu’environ 50 % des employeurs interrogés n’ont encore jamais consulté le matériel d’information mis à disposition par l’AI et les offices AI. La plupart de ceux qui connaissent ce matériel le jugent accessible, compréhensible et instructif.
Le contact avec l’AI est positif
Parmi les employeurs interrogés, 41 % ont déjà été en contact au moins une fois avec un office AI, la moitié d’entre eux l’ayant été plusieurs fois. Dans quatre cas sur cinq, il s’agissait d’absences de collaborateurs pour cause de maladie ou d’accident ; dans un cas sur cinq seulement, le contact était indépendant d’un cas concret.
Dans l’ensemble, les employeurs interrogés qui ont déjà été en contact avec un office AI décernent de bonnes évaluations à ses collaborateurs (voir graphique 2). Les affirmations « accueil aimable », « écoutent, prennent les gens au sérieux » et « engagés, se donnent du mal » ont respectivement reçu l’approbation de 78 %, 71 % et 70 % des employeurs interrogés. Une majorité a également approuvé les affirmations « facilement joignables » (63 %), « s’expriment en termes simples et compréhensibles » (58 %) et « tiennent les gens informés » (54 %).
Sens des responsabilités aigu des entreprises
En ce qui concerne la réinsertion et la réadaptation, un peu plus de 32 % des entreprises interrogées ont une expérience en la matière. En clair, au cours des trois dernières années, elles ont continué à employer des personnes dont la capacité de travail était restreinte à la suite d’un accident ou d’une maladie, ou elles ont engagé une personne à capacité de travail réduite. La plupart des entreprises qui ont fait appel à un soutien externe se sont adressées aux offices AI compétents. Parmi elles, 92 % se sont déclarées satisfaites du soutien apporté par les offices AI, et 73 % ont jugé les solutions proposées « plutôt bonnes à bonnes ».
Indépendamment du fait qu’elles en aient déjà fait l’expérience ou non, 70 % des entreprises interrogées ont déclaré pouvoir envisager de garder dans l’entreprise des collaborateurs atteints dans leur santé avec l’aide de l’AI. Pour environ la moitié d’entre elles, il est envisageable d’engager une personne avec l’aide de l’AI.
En ce qui concerne le type d’atteinte à la santé qui serait envisagé pour un éventuel maintien ou un nouvel emploi, une petite majorité mentionne les atteintes d’ordre physique comme une possibilité. Seules 15 % des entreprises interrogées pourraient envisager de maintenir en emploi ou d’engager des personnes souffrant de troubles psychiques.
De façon générale, 80 % des entreprises ayant participé à l’enquête considèrent aussi qu’il est de leur responsabilité de contribuer, dans les limites du raisonnable, à la recherche d’une solution appropriée pour maintenir en emploi un collaborateur atteint dans sa santé (voir graphique 3). Pour les entreprises, les raisons de maintenir un tel collaborateur à son poste sont avant tout le maintien des compétences spécialisées au sein de l’entreprise, mais aussi la responsabilité sociale et la relation personnelle avec la personne concernée.
Les entreprises perçoivent également les risques ou obstacles que le maintien en emploi ou l’engagement de personnes atteintes dans leur santé peut engendrer. 69 % des entreprises interrogées considèrent qu’il s’agit d’un risque financier important. 62 % relèvent que le besoin d’adaptation du poste de travail ou de l’organisation du travail constitue un risque important. Enfin, 53 % voient comme un obstacle important la disposition ou la compétence des supérieurs et de l’équipe à gérer une personne atteinte dans sa santé ; cette valeur est en nette augmentation par rapport à 2021 (37 %).
Bibliographie
Buess, Michael ; Sidler, Petra (2026). Le point de vue des employeurs sur l’AI et ses instruments. Étude commandée par l’OFAS. Aspects de la sécurité sociale. Rapport de recherche no 1/26.