En un coup d’œil
- Les enfants et les jeunes doivent pouvoir apporter leur point de vue dans la conception de projets de l’administration fédérale, qu’il s’agisse de plans stratégiques ou de campagnes de sensibilisation.
- L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a chargé la Haute école spécialisée de Suisse orientale (OST) d’élaborer, en collaboration avec l’agence experte en politique et communication polsan, un guide sur la participation des enfants et des jeunes au sein de l’administration fédérale.
- Le nouveau guide permet de déterminer la pertinence de la participation dans le cadre d’un projet donné ; il contient aussi des recommandations et des outils pratiques pour sa mise en œuvre.
L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) veut renforcer la participation des enfants et des jeunes aux projets de la Confédération. Il contribue ainsi à la mise en œuvre de la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant et du droit à la participation qui y est inscrit : en participant, les enfants et les jeunes renforcent leur rôle en tant que membres actifs de la société et s’impliquent durablement dans les processus politiques de développement et de décision.
Sur mandat de l’OFAS, un guide pratique sur les possibilités de participation des enfants et des jeunes dans l’administration fédérale a été élaboré (Wartenweiler et al. 2026). Fondé sur le document « Participation des enfants et des jeunes dans l’administration fédérale – Concept » (Brandstetter et al. 2025, Brandstetter et al. 2026), ce guide a été conçu avec le concours de l’OFAS, d’un groupe d’accompagnement interdépartemental ainsi que d’enfants et de jeunes. Il a ensuite été testé par des personnes clés de l’administration fédérale.
Des objectifs à trois niveaux
La participation des enfants et des jeunes dans l’administration fédérale s’articule autour d’objectifs fixés à trois niveaux : celui des enfants et des jeunes, celui de l’administration fédérale et celui de la société.
Les enfants et les jeunes doivent avoir l’opportunité de façonner leur cadre de vie à l’échelon national. Ils pourront ainsi s’informer et acquérir des connaissances sur la politique, développer des compétences politiques et sociales à travers des échanges avec les acteurs étatiques et réaliser que leurs préoccupations sont prises au sérieux. Leur sentiment de confiance en soi et d’efficacité personnelle s’en trouvera renforcé, de même que leur sens de la démocratie.
L’administration fédérale, quant à elle, y gagnera une connaissance approfondie du monde des enfants et des jeunes. Cela lui permettra de mieux cibler ses activités et ses processus, qui seront alors mieux compris et acceptés par les parties prenantes. Elle sera aussi davantage sensibilisée aux préoccupations des enfants et des jeunes. Enfin, du point de vue de la société dans son ensemble, les processus d’apprentissage et de conception de toutes les personnes impliquées concourront à la promotion de la démocratie et au renforcement des liens interdisciplinaires et intergénérationnels.
Le guide repose sur l’hypothèse que les enfants et les jeunes souhaitent s’exprimer, tant sur les sujets qui les concernent aujourd’hui que sur ceux qui les toucheront à l’avenir. La participation va donc au-delà de la simple transmission d’informations et du sondage d’opinion. Elle ne se limite pas à une prise en considération situationnelle et unique des enfants et des jeunes : ceux-ci ne font pas qu’assister aux processus de participation, mais sont appelés à les façonner en tant qu’acteurs et actrices. En conséquence, les opportunités et les processus doivent être conçus de manière à être accessibles et à garantir un accompagnement ainsi qu’une participation transparente, ouverte et planifiée de manière réaliste.
Quand la participation est-elle indiquée ?
Le guide pratique aide le personnel de l’administration fédérale à déterminer si une approche participative est judicieuse et réalisable dans le cadre d’un projet. Il présente les étapes concrètes de la planification et propose, en annexe, des outils utiles pour la mise en œuvre. Ce guide s’adresse en premier lieu aux personnes qui souhaitent acquérir une première expérience des processus participatifs. Pour celles qui s’y connaissent déjà, il sert d’aide et d’ouvrage de référence pour une mise en œuvre concrète de la participation dans les affaires de l’administration fédérale.
La première question qui s’est posée au début des travaux a été de savoir quels types de projets ou d’activités offraient une marge de manœuvre suffisante pour permettre aux enfants et aux jeunes d’apporter leur point de vue au sein de l’administration fédérale. À cet égard, il était essentiel d’examiner dans quelle mesure les contenus et les procédures sont prédéfinis sur le plan juridique et s’il existe des occasions pouvant servir de points de départ à la participation des enfants et des jeunes. De façon générale, ce sont les rapports donnant suite à un postulat, la planification de stratégies et de programmes, l’élaboration de plans d’action ou de campagnes de sensibilisation, ainsi que les premières phases de projets législatifs ou d’évaluations qui semblent le mieux se prêter aux approches participatives.
Un autre facteur clé est la pertinence du contenu du projet pour les enfants et les jeunes. De nombreux projets de l’administration fédérale ont un impact direct ou indirect sur leur réalité quotidienne ou sont importants pour les générations futures. Cela vaut pour les domaines de la sécurité sociale et de la formation comme pour des sujets tels que la santé, le changement climatique ou la numérisation. En principe, dans les domaines où les activités de l’administration se répercutent sur la jeunesse d’aujourd’hui ou sur les générations futures, tout plaide en faveur de la participation des enfants et des jeunes – selon les conclusions de l’étude.
Par conséquent, les projets de participation incluant les enfants et les jeunes doivent répondre aux exigences suivantes :
- planification et conception réalistes du processus ;
- transparence à l’égard de toutes les parties prenantes, afin qu’elles comprennent l’objectif, le calendrier et la mission de leur participation (ou pourquoi elles ne sont pas invitées à participer) ;
- soutien du projet de participation par des décideurs disposés à prendre sérieusement en compte les résultats dans le processus décisionnel.
Il est essentiel d’examiner attentivement ces conditions afin de déterminer si la participation est judicieuse et réalisable dans le cadre du projet concerné.
Structurer la mise en œuvre
La planification d’un projet participatif au sein de l’administration fédérale comprend plusieurs étapes. La première consiste à définir des objectifs clairs. Les enfants et les jeunes apportent alors leur vision du monde (Quelles expériences ont-ils vécues ? À quels défis sont-ils confrontés ? Quels sont leurs besoins ?), aident à identifier les problèmes et les besoins, développent des idées et contribuent à l’efficacité des mesures (par ex. en indiquant les canaux d’information appropriés ou les messages clés d’une campagne de sensibilisation).
La deuxième étape consiste à définir et choisir le groupe cible, puis à s’en approcher, en veillant à ce que l’accès à la participation soit aussi équitable que possible (répartition entre les régions linguistiques, milieux socio-économiques, sexes et âges). Selon le thème et le degré d’implication, il peut toutefois être judicieux d’associer des enfants et des jeunes disposant de connaissances préalables dans le domaine politico-administratif (par ex. acquises lors d’une participation à des projets similaires) ou issus de certains milieux et groupes d’âge.
L’accès au groupe cible est un point crucial. Il est essentiel de réfléchir aux obstacles à l’accès et d’utiliser les points de contact avec les structures existantes, dont les écoles, les structures d’accueil parascolaires, les associations de quartier ou les services spécialisés dans l’animation socioculturelle enfance et jeunesse.
La troisième étape met l’accent sur une communication transparente : la participation est un dialogue continu avec les enfants et les jeunes, dans lequel l’administration ne se contente pas de leur prêter une oreille, mais montre clairement en quoi ses décisions tiennent compte de leurs préoccupations.
Enfin, le guide propose des aides à la mise en œuvre, notamment des méthodes concrètes, des modèles éprouvés, des listes de contrôle pour l’organisation, des aspects clés pour la documentation et l’évaluation des résultats ainsi que des indications sur les centres de conseil pour la mise en œuvre de projets participatifs.
La phase d’élaboration du concept et du guide étant terminée, l’OFAS planifie la concrétisation de projets de participation au niveau fédéral. L’objectif consistant à promouvoir la participation des enfants et des jeunes dans le cadre de projets de l’administration fédérale, inscrit dans la stratégie nationale pour la politique de l’enfance et de la jeunesse, sera ainsi renforcé.
Bibliographie
Brandstetter, Johanna ; Falkenreck, Mandy ; Hobi, Lara ; Pohl, Axel ; Zellner, Carole (2025). Bestandesaufnahme der Partizipationsformate von Kindern und Jugendlichen in der Schweiz, Haute école spécialisée de Suisse orientale (OST), étude réalisée sur mandat de l’OFAS (en allemand seulement)
Brandstetter, Johanna ; Falkenreck, Mandy ; Hobi, Lara ; Wartenweiler, Rahel ; Zimmermann, Rahel (2026). Participation des enfants et des jeunes dans l’administration fédérale – Concept, polsan et Haute école spécialisée de Suisse orientale (OST), étude réalisée sur mandat de l’OFAS
Wartenweiler, Rahel ; Zimmermann, Rahel ; Falkenreck, Mandy ; Hobi, Lara ; Brandstetter, Johanna (2026). Faire participer les enfants et les jeunes – Guide pratique pour l’administration fédérale, polsan et Haute école spécialisée de Suisse orientale (OST), étude réalisée à la demande de l’OFAS.