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Légère augmentation des taux de cotisation salariale depuis 20 ans

Les taux de cotisation salariale aux assurances sociales ont connu une augmentation modérée au cours des 20 dernières années. Parallèlement, les recettes générées par ces cotisations ont nettement progressé en raison de l’accroissement de la masse salariale.
Salome Schüpbach
  |  17 septembre 2026
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En 2024, les salariés ont versé 15,6 % de leur salaire brut au titre des cotisations sociales. (Keystone)

En un coup d’œil

  • En 2024, les cotisations salariales payées par les employés s’élevaient à 15,6 %, et celles des employeurs à 19,3 %. Par rapport à 2004, la hausse est de respectivement 0,3 et 0,6 point de pourcentage.
  • L’augmentation des taux de cotisation s’explique principalement par la hausse du taux de cotisation à l’assurance-vieillesse et survivants (AVS) décidée dans le cadre de la réforme du financement de l’AVS de 2020 et par des cotisations plus élevées dans la prévoyance professionnelle.
  • La croissance de la masse salariale a entraîné une forte augmentation des recettes provenant des cotisations salariales : celles-ci s’élevaient, en 2024, à 66,1 milliards de francs payés par les employés et à 70,4 milliards de francs versés par les employeurs.

En Suisse, les employés et les employeurs paient tous les mois des cotisations aux assurances sociales. En 2024, les taux de cotisation moyens des employés étaient de 15,6 %, et ceux des employeurs de 19,3 % (OFAS 2026). En 20 ans, les premiers ont augmenté de 0,3 point, tandis que les seconds progressaient de 0,6 point (cf. graphique 1).

Les taux de cotisation, qui reposent sur des bases de calcul différentes d’une assurance sociale à l’autre, ne fournissent qu’une estimation approximative de la charge sociale moyenne pesant sur le salaire. En effet, les cotisations peuvent varier fortement en fonction de l’âge et du statut professionnel de la personne concernée, qui peut être employée, indépendante ou sans activité lucrative. Seuls les taux de cotisation des salariés sont abordés dans les lignes qui suivent.

Répartition égale entre salariés et employeurs

Dans le cadre de l’AVS, de l’assurance-invalidité (AI), du régime des allocations pour perte de gain (APG) et de l’assurance-chômage, les cotisations sont réparties à parts égales entre les salariés et les employeurs. En revanche, dans le cadre de la prévoyance professionnelle, si les employeurs doivent prendre en charge au moins la moitié des cotisations, beaucoup d’entre eux versent une part plus élevée.

Les cotisations à l’assurance contre les accidents professionnels sont payées par les employeurs, tandis que celles à l’assurance pour les accidents non professionnels sont versées par les salariés. Enfin, les allocations familiales sont en principe financées par l’employeur. Le Valais fait exception : dans ce canton, les salariés paient également une cotisation à la caisse d’allocations familiales.

Une étude de la littérature scientifique sur le financement de l’AVS, menée par l’entreprise Demografik, montre qu’une hausse des cotisations patronales se répercute à terme en grande partie sur les salariés, sous la forme d’une progression salariale plus faible (Brazzola et Rochlitz 2026). Ce sont donc les salariés qui supportent, sur le long terme, les coûts d’une hausse des taux de cotisation.

Hausse des cotisations due au vieillissement démographique

Les principales raisons de cette légère augmentation des taux de cotisation sont les changements intervenus dans l’AVS et dans la prévoyance professionnelle en raison du vieillissement démographique :

  • AVS : suite à l’acceptation du projet de réforme fiscale et de financement de l’AVS (RFFA), le taux de cotisation a été relevé de 8,4 à 8,7 % en 2020, alors qu’il était resté inchangé pendant 45 ans.
  • Prévoyance professionnelle (y compris la partie surobligatoire) : les taux de cotisation moyens varient d’une année à l’autre, mais ils ont globalement augmenté entre 2004 et 2024, passant de 7,8 à 8,1 % pour les employés et de 10,2 à 10,8 % pour les employeurs. Cette hausse s’explique en partie par le vieillissement de la société, car les employés âgés ont des taux de cotisation plus élevés.
  • Régime des APG : le taux de cotisation a été relevé en 2011 de 0,3 à 0,5 %, en raison d’une augmentation des dépenses liée à la mise en place, en 2005, d’une allocation de maternité. Entre 2005 et 2010, ces dépenses avaient été principalement financées par des réserves. Abaissé provisoirement à 0,45 % en 2016, le taux de cotisation a été relevé à 0,5 % en 2021 en raison de l’instauration du congé de paternité.
  • Assurance-chômage : en 2011, le taux de cotisation est passé de 2 à 2,2 %. Il avait déjà été temporairement relevé à 3 % dans les années 1990, en raison d’un chômage élevé. Une contribution de solidarité sur la part de salaire dépassant le gain assuré a été ajoutée entre 2011 et 2022 (non prise en compte dans le graphique 1).
  • Assurance-accidents : les taux de cotisation aux assurances contre les accidents professionnels et non professionnels ont aussi connu des variations, mais ils ont tendance à diminuer depuis 2008. L’évolution positive des finances de la Suva, principal assureur-accidents du pays, ainsi que la baisse du coût des sinistres ont permis des réductions de primes.
  • Allocations familiales : elles sont en principe payées par les employeurs, sauf dans le canton du Valais. Entre 2004 et 2024, le taux de cotisation est passé de 1,5 à 1,6 %.
  • AI : depuis 1995, le taux de cotisation à cette assurance est resté inchangé à 1,4 %.

L’assurance-maladie est exclue de cette analyse, car elle n’est pas financée par des cotisations salariales, mais par des primes indépendantes du revenu. Les prestations complémentaires et les prestations transitoires pour les chômeurs âgés ne sont pas non plus prises en compte, car elles sont financées par les ressources générales de la Confédération et des cantons.

Le salaire brut comme base de calcul

Le salaire brut total sert de base au calcul des cotisations à l’AVS, à l’AI, au régime des APG et aux allocations familiales. Les cotisations à l’assurance-chômage et à l’assurance-accidents ne sont prélevées que jusqu’à concurrence du salaire maximal assuré, actuellement fixé à 148 200 francs.

Dans la prévoyance professionnelle obligatoire, les cotisations sont prélevées sur le salaire coordonné. Ce dernier correspond au salaire annuel soumis à l’AVS, auquel on soustrait la déduction de coordination ; il possède une limite minimale et une limite maximale. Seuls les employés dont le salaire annuel dépasse le seuil d’entrée sont assurés. Les institutions de prévoyance peuvent prévoir dans leur règlement une assurance plus généreuse que le régime obligatoire (par ex. une déduction de coordination plus faible, des cotisations plus élevées ou une couverture au-delà du montant-limite LPP). Le salaire assuré et les taux de cotisation peuvent donc s’écarter du minimum légal. La statistique des assurances sociales prend également en compte les cotisations dans le domaine surobligatoire.

Nette hausse des recettes tirées des cotisations paritaires

La croissance des revenus soumis aux cotisations AVS a entraîné une nette augmentation des recettes issues de ces cotisations. Depuis 2004, les cotisations des salariés, des indépendants et des personnes sans activité lucrative ont presque doublé pour atteindre 66,1 milliards de francs en 2024 (cf. graphique 2). Au cours de la même période, les cotisations des employeurs ont augmenté de 75 % pour atteindre 70,4 milliards de francs.

Cette évolution ne s’explique pas par les taux de cotisation, restés quasiment inchangés durant toute la période, mais par la base sur laquelle ces cotisations sont prélevées. Les revenus des activités lucratives soumis à l’AVS sont en effet passés de 273,5 milliards de francs en 2004 à 445,8 milliards de francs en 2024. Deux facteurs d’un poids quasiment identique expliquent cette augmentation : la croissance du nombre de cotisants à l’AVS, passé de 4,8 à 6,1 millions, et la hausse du revenu moyen soumis à cotisation par personne, qui a augmenté de 57 000 à environ 73 000 francs.

En termes de recettes tirées des cotisations, la prévoyance professionnelle arrive en tête, suivie de l’AVS. Les recettes de l’assurance-chômage sont plus volatiles que celles des autres assurances sociales. En 2011, par exemple, le taux de cotisation à cette assurance a été relevé de 0,2 point, et une contribution de solidarité a été prélevée sur les hauts salaires. Cette contribution a ensuite été supprimée en 2023.

On observe une variation marquée des cotisations versées par les employeurs à la prévoyance professionnelle en 2013 et en 2020. Les institutions de prévoyance de droit public ont alors dû opter pour le système de la capitalisation partielle ou celui de la capitalisation complète. Plusieurs cantons et communes ont financé leur capitalisation en allouant des montants uniques, ce qui a eu pour effet d’augmenter de manière importante, mais temporaire, les contributions des employeurs.

Bibliographie

Brazzola, Zita ; Rochlitz, Felix (2026). Financement de l’AVS : quel impact pour quels groupes cibles ? Sécurité sociale CHSS, 24 juin.

OFAS (2026). Statistique des assurances sociales (SAS). Parution à l’automne 2026.

Collaboratrice scientifique, secteur Données de base et analyses, Office fédéral des assurances sociales (OFAS)
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