En un coup d’œil
- Près de deux tiers des bénéficiaires de prestations complémentaires (PC) sont des bénéficiaires de PC à l’assurance-vieillesse (AV), alors qu’un tiers sont des bénéficiaires de PC à l’assurance-invalidité (AI).
- Près de deux tiers des bénéficiaires de PC à l’AV sont des femmes, et près de deux tiers des bénéficiaires de PC à l’AI sont célibataires.
- La probabilité de recourir aux PC augmente lors de l’entrée en home, tout comme le montant des prestations perçues.
361 200 personnes percevaient des prestations complémentaires (PC) en décembre 2025. Cette information est fournie par la statistique des prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse et survivants (AVS) et à l’assurance-invalidité (AI), publiée en mai 2026 par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Dans le cadre de l’AVS, on distingue les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse (PC à l’AV) et les prestations complémentaires à l’assurance-survivants (PC à l’AS).
Près de deux tiers des bénéficiaires percevaient des PC liées à l’assurance-vieillesse (AV), soit 231 900 personnes (64%). Les bénéficiaires de PC à l’assurance-invalidité (AI) représentaient un peu plus d’un tiers du total, avec 126 100 personnes (35%), tandis que les prestations liées à l’assurance-survivants (AS) concernaient une part très marginale de la population bénéficiaire, soit 3200 personnes (près de 1%). À noter que dans le cadre de la statistique des prestations complémentaires, les personnes sont considérées comme bénéficiaires de PC à l’AV dès que l’âge de référence (anciennement, âge de la retraite) est atteint, y compris si elles perçoivent une rente de l’AS car celle-ci est plus élevée.
Par ailleurs, un peu moins d’un bénéficiaire sur cinq vivait en home. Cette proportion était légèrement plus élevée chez les bénéficiaires de PC à l’AV (19%) que chez ceux de l’AI (17%).
Le taux de bénéficiaires de PC, c’est-à-dire la part des bénéficiaires de rentes percevant des PC, est quant à lui de 12% pour les PC à l’AV, de presque 9% pour les PC à l’AS et de près de 50% pour les PC à l’AI. Cela signifie que les besoins vitaux de près d’un bénéficiaire de rente AI sur deux ne sont pas couverts par ses revenus (rente de l’AI et du 2e pilier, éventuel revenu du travail, etc.), nécessitant un complément par les PC. Cette part est plus proche d’un sur dix pour les bénéficiaires de PC à l’AV.
Profils socio-démographiques des bénéficiaires
Les caractéristiques socio-démographiques des bénéficiaires de prestations complémentaires varient sensiblement selon l’assurance concernée. Près de deux tiers des bénéficiaires de PC à l’AV sont des femmes (64%), alors que la répartition est presque égalitaire parmi les bénéficiaires de PC à l’AI (48% de femmes). Les bénéficiaires de PC à l’AS sont quant à elles presque exclusivement des femmes (96%).
La répartition selon l’état civil diffère également entre les bénéficiaires de PC à l’AV et à l’AI. Parmi les bénéficiaires de PC à l’AV, 32% sont séparés ou divorcés, 30% sont mariés, 23% sont veufs ou veuves et 15% sont célibataires. À l’inverse, les bénéficiaires de PC à l’AI sont majoritairement célibataires (64%). Les autres états civils y sont moins représentés : 18% de personnes séparées ou divorcées, 17% de personnes mariées et seulement 1% de personnes veuves.
Près de deux tiers des bénéficiaires de PC à l’AV ont moins de 79 ans (65%). Il s’agit principalement de personnes ayant atteint l’âge de référence. Les personnes plus jeunes que l’âge de référence sont des époux ou épouses de bénéficiaires de rente, qui sont également considérés comme bénéficiaires de PC puisque le calcul du droit aux PC se fait en tenant compte de la situation financière du ménage. Parmi ces bénéficiaires, la part de bénéficiaires vivant en home augmente avec l’âge (voir graphique 1). Cette part est inférieure à 10% avant l’âge de 75 ans et de plus de 50% après l’âge de 90 ans. Le taux de bénéficiaires de PC à l’AV augmente quant à lui avec l’âge, en grande partie en raison des entrées en home et de l’augmentation des dépenses que celle-ci engendre. Le taux de PC à l’AV est inférieur à 12% avant 80 ans et atteint 26% pour les personnes âgées de 95 ans et plus (cf. Statistique des prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI (PC), Tableaux et graphiques).
Les bénéficiaires de PC à l’AI se répartissent dans l’ensemble des classes d‘âge, depuis les moins de 25 ans jusqu’à l’âge de référence, avec un nombre croissant de bénéficiaires pour les classes d’âge plus élevées mais plus de la moitié ont moins de 50 ans (56%). La part des bénéficiaires de PC à l’AI vivant en home est quant à elle répartie de manière plus régulière parmi les différentes classes d’âge (17% en moyenne).
Revenus et dépenses des bénéficiaires à domicile
Le montant des prestations complémentaires annuelles (c’est-à-dire sans les frais de maladie et d’invalidité) représente la différence entre le revenu pris en compte et les dépenses reconnues. La situation économique moyenne des bénéficiaires diffère surtout selon le lieu de domicile, et peu selon l’assurance.
Pour les bénéficiaires de PC vivant à domicile, un forfait de 1723 francs par mois pour une personne seule et de 2584 francs par mois pour un couple est reconnu pour l’ensemble des besoins vitaux (nourriture, habits, téléphonie, accès internet/télévision, etc.). Ce forfait représente en moyenne un peu plus de la moitié des dépenses reconnues, avec des dépenses mensuelles moyennes de 3319 francs par mois pour les personnes vivant seules et 4988 francs pour les couples. Le loyer pris en compte dans le calcul représente quant à lui près d’un tiers des dépenses des personnes vivant seules à domicile et un quart pour les personnes vivant en couple à domicile. Les primes d’assurance-maladie représentent quant à elles 16% des dépenses reconnues des personnes vivant seules à domicile et 22% pour les couples.
Le revenu mensuel moyen pris en compte des bénéficiaires de PC vivant seuls à domicile est de 1971 francs et il est composé à plus de 80% des rentes du 1er pilier (AVS ou AI), et entre 6 et 10% des autres rentes (rentes du 2e pilier, rentes étrangères, rentes de l’assurance-accident, etc.). Pour les couples vivant à domicile, le revenu moyen reconnu correspond à 3219 francs et les rentes du 1er pilier représente entre 77% (PC à l’AV) et 53% (PC à l’AI) du revenu (voir graphique 2). Cette différence tient au fait qu’il est très courant que deux personnes mariées bénéficient toutes deux d’une rente de l’AV, alors que cette situation est plus rare parmi les bénéficiaires de rentes de l’AI. Le montant des autres rentes est en revanche légèrement plus élevé pour les couples bénéficiaires de PC à l’AI (382 francs mensuels en moyenne) que de PC à l’AV (319 francs mensuels en moyenne).
Le revenu du travail représente 1% (PC à l’AV) à 7% (PC à l’AI) du revenu des personnes vivant seules à domicile et 6% (PC à l’AV) à 29% (PC à l’AI) de celui des couples. La part des personnes exerçant une activité professionnelle rémunérée est en effet faible parmi les bénéficiaires de PC à l’AV (4% parmi les ayant droits et 11% parmi les époux et épouses, dont une partie n’a pas encore atteint l’âge de référence) et généralement, leur revenu n’est pas très élevé (10 675 francs bruts par an en moyenne).
Parmi les bénéficiaires de PC à l’AI, la part des bénéficiaires de PC exerçant une activité professionnelle est plus importante avec près d’un tiers percevant un revenu du travail (29% des ayant droits et 39% des époux et épouses) mais avec un revenu moyen également peu élevé (9871 francs brut par an). La part du revenu du travail prise en compte dans le calcul du montant des PC est de deux tiers pour les ayant droits et de 80% pour les conjoints sans PC avec une franchise annuelle de 1300 francs pour les personnes seules et de 1950 francs pour les couples.
Montants des PC plus élevés en home
Pour les personnes vivant en home, pour qui le calcul du montant PC se fait au niveau individuel même lorsqu’elles sont mariées, le montant mensuel moyen est de 3769 francs pour les bénéficiaires de PC à l’AV et de 4143 francs pour les bénéficiaires de PC à l’AI. Les dépenses reconnues n’incluent pas de forfait pour les besoins vitaux mais le montant des taxes de homes. Celles-ci représentent un peu plus de 80% des dépenses reconnues qui sont de 6989 francs en moyenne par mois pour les bénéficiaires de PC à l’AV et de 6151 francs en moyenne par mois pour les bénéficiaires de PC à l’AI. Les primes de l’assurance-maladie représentent quant à elles 8% des dépenses reconnues des personnes vivant en home et les dépenses personnelles entre 6% (PC à l’AV) et 7% (PC à l’AI). La participation du patient à la taxe de home correspond à 4% pour les bénéficiaires de PC à l’AV et à 1% pour les bénéficiaires de PC à l’AI.
Les revenus moyens reconnus des personnes vivant en home sont en moyenne plus élevés que ceux des personnes vivant à domicile, en particulier pour les bénéficiaires de PC à l’AV (PC à l’AV : 3224 pour les personnes seules vivant en home et 2087 francs pour celles vivant seules à domicile ; PC à l’AI : 2010 francs en home et 1794 francs à domicile). En effet, comme les dépenses reconnues des personnes vivant en home sont nettement plus élevées que celles des personnes vivant à domicile, les PC sont versées à la suite de l’entrée en home non seulement à des personnes avec un revenu bas, mais également à celles avec un revenu modéré.
Les rentes du 1er pilier représentent en moyenne 63% du revenu des bénéficiaires de PC à l’AV vivant en home et 82% de celui des bénéficiaires de PC à l’AI bien qu’étant plus élevées (2024 francs versus 1655 francs mensuel en moyenne), car les autres rentes sont également plus élevées pour les bénéficiaires de PC à l’AV que pour les PC à l’AI (669 contre 113 francs). Les allocations pour impotent représentent respectivement 7% et 5% du montant du revenu mensuel moyen des bénéficiaires de PC à l’AV et à l’AI vivant en home. Finalement, la consommation de la fortune représente également un revenu plus élevé pour les bénéficiaires de PC à l’AV que de PC à l’AI (7% et 3%).
Des profils variés
Les bénéficiaires de prestations complémentaires ne forment pas un groupe homogène, mais regroupent des personnes connaissant des situations différentes.
Parmi les personnes ayant atteint l’âge de référence, les femmes, les personnes divorcées ou séparées ainsi que les personnes plus âgées ont plus fréquemment besoin des PC, car elles disposent souvent d’un patrimoine moins important et d’une rente du 2e pilier moins élevée. Parmi les bénéficiaires de l’AI, ce sont notamment les personnes célibataires, divorcées ou séparées qui sont bénéficiaires de PC.
La probabilité de percevoir des PC augmente lors de l’entrée en home. Outre la probabilité de percevoir des PC, le montant de celles-ci augmente également lors de l’entrée en home, car les coûts augmentent fortement. Un peu moins d’un bénéficiaire de PC sur cinq vit en home. Cette proportion est légèrement plus élevée chez les bénéficiaires de PC à l’AV (19% en décembre 2025) que chez ceux de l’AI (17%). La part de bénéficiaires de PC vivant en home augmente fortement avec l’âge pour les bénéficiaires de PC à l’AV, alors qu’elle est relativement homogène parmi les différentes classes d’âge pour les bénéficiaires de PC à l’AI.
Le montant des PC varie fortement selon le type de domicile en raison des coûts élevés en cas de séjour en home. Si les rentes du 1er pilier représentent la principale source de revenu pris en compte dans le calcul des PC pour l’ensemble des bénéficiaires, les autres rentes (2e pilier, rentes étrangères, etc.) correspondent à plus d’un cinquième du revenu reconnu des bénéficiaires de PC à l’AV vivant en home (contre 6% pour les bénéficiaires de PC à l’AI dans la même situation). Le revenu lucratif imputable représente quant à lui près d’un tiers du revenu reconnu des couples bénéficiaires de PC à l’AI vivant à domicile, contre seulement 6% pour les couples bénéficiaires de PC à l’AV dans la même situation.
Informations concernant les prestations complémentaires
Prestations complémentaires (PC) – Aperçu, Publication
Statistique des prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI (PC)
Prestations complémentaires : lorsque les rentes ne suffisent pas (article paru dans la « Sécurité sociale », Sandy Outeiro, 26 février 2026)